l’architecture

Les lignes du bâtiment sont simples. Certains pourraient croire être seulement devant une ferme cossue, si l’oeil n’était retenu par la qualité de l’exécution et l’élégance des proportions : c’est le détail qui trahit son gentilhomme. Côté jardin, s’affirme le luxe d’un pin, impression d’Italie…

Chacun de ces logis possède son caractère propre et, par son architecture, se rattache à plusieurs périodes de notre histoire. C’est une recherche passionnante, qui fait découvrir, dans le détail d’une moulure ou la proportion d’une ouverture, le signe d’une influence ou la marque d’une technique précise…

C’est seulement en repartant que le visiteur remarque la fuie, signe de fief noble. Les marques du passé sur les grands porches dont les portes en chênes semblent ne pasdonner prises au temps. Sur le côté, les bâtiments de la ferme, à peine moins élégants se distinguent par leurs ouvertures plus étroites et leurs murs de pierre brute. Et dès que l’on s’éloigne, très vite, le masque des branches cache à nouveau ce visage qui vous a souri.

observer pour comprendre

Un logis est constitué par l’alliance du château et de la ferme,
formant un ensemble homogène de bâtiments,
encadrant une grande cour intérieure autour de laquelle s’organise toute la vie du domaine

logis façade sud

Au premier coup d’œil apparait une symétrie, des alignements et d’agréables proportions. C’est l’esthétisme qui est d’abord recherché. La modénature de cette façade centrale, d’influence classique, la plus richement travaillée nous rapproche du château ou de l’hostel noble.

Les appareillages en granit que l’on découvre de couleur beige-rosé après nettoyage, sont soignés. Des mains courantes se dévoilent sur les grandes baies. 1753 est gravé sur la pierre de sol. Sans doute celle-ci se trouvait sur le fronton avant le remaniement de la façade, au XIXème siècle, époque où la petite tour crénelée qui abrite un escalier en colimaçon en chêne, a été ajoutée.

logis façade nord

Une longue façade de 38 mètres : on est coté jardin, dans une ambiance maison de famille, à l’abri des regards, protégé par la végétation et les douves. A l’ombre du grand pin, durant les après-midis de l’été, souvent chaud et sec, la famille s’y installe. La cour au sud est très chaude, au nord à l’ombre les enfants jouent, d’autres lisent ou discutent…ce sont les réunions de famille des vacances.
Cette façade est la plus désordonnée aujourd’hui. Elle correspond plus au besoin intérieur du logis qu’à une recherche d’esthétisme, pourtant on retrouve les alignements et des rythmes de chaque époque de construction, on réutilise les pierres. elle n’a guère évolué depuis la révolution.

aile ouest, façade est

Apprécions ici une façade originale et très rare dans les logis. Au XVIIIème siècle, c’est ainsi que l’on découvrait le manoir – une douve au sud de la cour exigeait l’entrée dans la cour par l’aile Est, entre l’étable et l’écurie. C’est la partie la plus ancienne du logis.
Entre deux tours carrées on découvre une galerie ornée de onze colonnes du même granit beige-rosé que sur la façade du logis. Ces colonnes proviennent sans doute de l’ancienne bâtisse, comme le clocheton au-dessus de la porte d’entrée : c’est l’avis de Célestin Port.

aile ouest, façade ouest

Cette très longue façade de 65 m ferme le jardin nourricier à l’est. Seul le centre du bâtiment est restauré dans cette phase : c’est l’arrière du porche et de la galerie, lieu destiné à l’habitat inclusif d’adultes autistes.
A l’origine, une seule grande ouverture dans la tour carrée du sud était l’unique accès au jardin. C’est de ce côté que vient la pluie en hiver et le soleil tout l’après-midi en été, il y a donc peu d’ouverture. Les fenêtres sont alignées et de petites tailles à l’étage. Au rez-de-chaussée, quatre meurtrières de ventilation appareillées en pierre de taille dont une devra être restaurée (aujourd’hui appareillage en brique), se distinguent à peine.
Une grande ouverture existe depuis les années 1970. Son seul usage était le passage d’une remorque agricole. Faite en ciment, elle a engendré de forts dégâts en créant une forte humidité dans le bâtiment.

aile est, façade ouest

Une façade aux airs toscans : ici l’architecture rustique italienne semble présider. Mais la terre cuite, qu’il s’agisse de tuiles, de briques, de carreaux de sol est présente dans les Mauges depuis toujours et dans le logis depuis sa construction.
Une des spécificités de cette l’architecture locale tient à la qualité des modénatures d’encadrement du bâti fréquemment réalisées en briques et qui constituent un trait de facture qui doit être respecté et conservé. La brique est le matériau incontournable dans les Mauges. Si elle était déjà présente avant la révolution et utilisée principalement dans l’édification des cheminées ou de cloisons, elle n’avait pas encore de caractère décoratif et n’était pas destinée à être visible. Née d’une production artisanale puis « standardisée », la brique permet de dimensionner et d’uniformiser les encadrements d’ouvertures.